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Le 21 octobre 1993 alors que j'avais 17 ans, une catastrophe a frappé mon pays: le premier président démocratiquement élu, Melchior NDADAYE, a été sauvagement assassiné après trois mois de pouvoir. cet assassinat a plongé le Burundi dans des tueries inter ethniques qui n'ont épargné aucun secteur de la vie nationale. Dans l'école où j'étais à l'époque, le Lycée de RUTANA, les élèves se sont divisés en deux camps ethniques antagonistes: hutu contre tutsi. Un de ces camps a été chassé de l'internat de l'école.J'en ai beaucoup souffert et j'ai réuni certains de mes collègues provenant des deux camps pour voir dans quelle mesure nous pouvions arrêter cette division. Pour y arriver, nous avons créé l'Organisation pour le Retour à la Conscience (ORECO). Cette organisation a beaucoup aidé dans la réconciliation des élèves de notre établissement en initiant des réflexions sur l'histoire et l'avenir du Burundi et en organisant des travaux communs d'intérêt communautaire. En janvier 1998, je suis entré à l'Université du Burundi, et cela se faisait moins de trois ans après l'assassinat de plusieurs étudiants pour des mobiles ethniques. J'ai trouvé une communauté étudiante très divisée et très méfiante. Ceux qui ne partageaient pas l'origine ethnique et régionale se considéraient comme des ennemis. Encore une fois, je me suis engagé à mettre fin à cet état de choses, convaincu que l'avenir du Burundi dépendra de la conjonction des efforts de tous les fils et filles de mon petit pays. En août 2001, avec un groupe de 26 autres étudiants provenant de toutes les régions et ethnies du Burundi, nous avons initié le Forum pour la Conscience et le Développement, FOCODE en sigle. Aujourd'hui le FOCODE compte plus de 1000 membres, tous jeunes lauréats ou étudiants des différentes universités du Burundi. Notre association a permis de baisser sensiblement la méfiance ethnique et régionale à l'Université. Le FOCODE est engagé dans de nombreux programmes de développement et de réconciliation à l'échelle nationale. Après la création d'une caisse de solidarité en 2002 et d'une coopérative de consommation en 2003, les membres du FOCODE ont ouvert une école secondaire privée en septembre 2004, le Lycée Etoile de l'Espoir. Cette école a accueilli un nombre importants d'enfants vulnérables et tente de moderniser l'enseignement en introduisant des cours d'informatique à tous les niveaux et en plus du programme officiel. L'Ecole a même reçu des félicitations de l'administration et de sénateurs burundais. Le FOCODE a par ailleurs pris conscience de l'importance des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) dans le développement. Il a installé un centre de formation et de services informatiques tout près de l'Université au moment où beaucoup de lauréats sortaient encore de l'Université du Burundi sans avoir touché un clavier d'ordinateur.Le centre a déjà formé des centaines d'étudiants et d'autres jeunes. Le FOCODE est également et particulièrement engagé dans la protection de l'environnement à travers plusieurs initiatives. En janvier 2007, il a planté plus de 3000 plants d'arbres sur les bords de la rivière NTAHANGWA à MUTANGA Nord. Il a participé dans de nombreuses actions d'assainissement de la ville de Bujumbura. En janvier 2008, le FOCODE a initié une campagne de sensibilisation pour l'élimination des sacs en plastique non biodégradables. Le FOCODE attache également une importance particulière à l'implication citoyenne (ou la participation citoyenne de la jeunesse, convaincu qu'un Etat de droit (et la démocratie) et l'horizon du développement ne peuvent être atteints sans la participation et la vigilance des citoyens.C'est dans ce sens que le FOCODE a initié un Prix du Bon Citoyen pour mettre en relief les personnalités qui peuvent servir de référence positive à la jeunesse de par leurs actions citoyennes (ou civiques). Le premier prix a été décerné le 27 janvier 2007 à un grand militant de la lutte contre la corruption au Burundi, Monsieur Gabriel RUFYIRI, le 27 janvier 2007, le second en janvier 2008 à une personnalité qui se distingue dans son engagement dans la protection de l'environnement, l'Ambassadeur Albert MBONERANE. Le troisième a été récemment récompensé les actions d'une femme burundaise exceptionnelle, Madame Eulalie NIBIZI, une leader syndicaliste qu'on retrouve dans toutes les batailles pour une éducation de qualité au Burundi et pour le respect de la dignité humaine. Le FOCODE suit de près le processus de mise en place des mécanismes de justice transitionnelle au Burundi (Commission Vérité et Réconciliation et tribunal Spécial) afin de trouver la voie d'une véritable réconciliation entre les Burundais et de mettre fin à l'impunité. C'est là quelques exemples de l'action du FOCODE, une organisation de plus de 1000 jeunes burundais décidés à changer l'image du Burundi. Et moi, j'ai l'honneur d'avoir été l'initiateur de cette organisation et de présider son comité exécutif depuis 2001. Visitez le FOCODE sur www.focode.org Le 1er mars 2009, sur présentation de mon organisation FOCODE, j'ai été élu Délégué Général du Forum pour le Renforcement de la Société Civile, FORSC, une plateforme de 146 organisations de la société civile burundaise dont des syndicats, des organisations féminines, des organisations des jeunes, des média, des ligues de droits de l'homme, des ONG de développement et des organisations communautaires. C'est en quelque sorte le collectif le plus représentatif de la société civile burundaise. son objectif est de renforcer le positionnement et la visibilité de la société civile burundaise dans son combat pour l'édification d'un Etat de droit. Visitez le FORSC sur www.forsc.org En plus de ces deux organisations, je reste actif dans différentes autres organisations. Je suis par ailleurs membre du comité de pilotage du projet PREJESCO Burundi (Prévention et Gestion des Conflits). J'ai eu à participer à plusieurs conférences et ateliers de formation (soit comme organisateur, conférencier ou simple participant)aussi bien au Burundi qu'à l'étranger, et sur des thèmes aussi variés que la justice transitionnelle, le processus de décentralisation, les processus d'intégration régionale (EAC et COMESA, la prévention et la gestion des conflits, l'action judiciaire stratégique, la méthode à résultats rapides, la problématique de l'emploi des jeunes, le réchauffement climatique, les processus électoraux,etc. Dan mes temps libres, j'aime la compagnie et le dialogue avec les autres, la marche, la lecture et la musique gospel et classique. Et je parle Kirundi, français, anglais, swahili, kinyarwanda, allemand et espéranto.
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